Patine des voitures voyageurs de la navette ouvrière


Épisode 230 – Après plusieurs exercices de patine sur des wagons marchandises, je me lance aujourd’hui dans mes premières patines de voitures voyageurs. Ma navette ouvrière, composée de voitures à trois essieux, est donc prétexte à cette nouvelle expérience avec des moyens techniques et des produits accessibles à tous.


La patine est un domaine qui interroge beaucoup de modélistes n’osant pas franchir le pas. Certains s’y refusent par peur de déprécier la valeur de leur collection. Ce fut mon cas lors de ma première période (1975/2002) par crainte de dévaloriser mon important parc roulant Märklin. D’autres n’osent pas se lancer par crainte de ne pas maitriser les techniques et les produits et craignent d’enlaidir leur matériel plus que de les enjoliver. Il n’est donc point question ici de relancer ce débat qui anime souvent nos réseaux sociaux. Pour autant, j’ai osé m’y aventurer depuis ma reprise en 2017 et je dois bien l’avouer, l’expérience est plaisante, voire grisante. En effet, depuis ma reprise, j’aborde le modélisme avec un esprit esthétique plus développé et surtout dénué de toutes contraintes de valeur financière. Désormais débarrassé de ce carcan pécuniaire somme toute très subjectif, je peux me concentrer sur le plaisir et l’épanouissement avec la satisfaction de découvrir de nouveaux apprentissages. C’est donc avec enthousiasme que je vous partage ma modeste expérience.

Bien-sûr, comme chacun, j’appréhendais ces techniques qui m’étaient inconnues et surtout je disposais de très peu de produits, contrainte budgétaire oblige. J’ai commencé à me faire la main sur quelques wagons marchandises de seconde main avec un assortiment de base de peintures acryliques et de terres à décor, le tout travaillé aux pinceaux.

Voiture  » trois pattes  » modernisée Roco

Il s’agit d’une voiture modernisée dite  » trois pattes  » de la DB de marque Roco. Ces voitures sont issues de la transformation, au début des années 50, des « Länderbahnen », voitures à portières latérales. Ces voitures reconstruites circulaient accouplées par paires. L’exemplaire en ma possession m’a été offert récemment par Jeanne et Olivier. Il convient donc très bien pour compléter ma navette ouvrière comportant justement deux « Länderbahnen » immatriculées à la SNCF et offertes par Antoine, autre mécène de la compagnie, à l’été 2018.

Les voitures voyageurs ont la particularité d’être vitrées et aménagées. Il faut donc les démonter pour les peupler de quelques usagers. Sur cet exemplaire Roco, le démontage est assez facile en écartant un peu le bas de caisse du châssis : il y a trois ergots par face. L’aménagement intérieur se désolidarise de la caisse par le dessous. J’y place une dizaine de personnages de récupération, largement amputés à mi-cuisse et collés à la cyanoacrylate Colle 21. Les plus motivés pourront profiter de cette occasion pour repeindre sièges et cloisons, voire y installer un éclairage intérieur à base de blanc chaud. L’aménagement est ensuite mis de côté.

Il faut ensuite masquer les vitres pour les protéger des futures applications de vernis en bombe. J’utilise du scotch d’électricité (chatterton) découpé en carreaux de 11×11 mm.

Photos 1700 à 1702 : Travaux de patine sur la voiture voyageurs modernisée à trois essieux Roco. Source : letraindemanu.fr

Jus crasse

Le début des travaux de patine débute par une application de « jus crasse acrylique » [1]. De mon flacon en verre préalablement bien secoué, je prélève 2 à 3 ml avec une seringue que je verse dans un petit godet en plastique. J’ajoute la même quantité d’alcool à 70, diluant qui s’évapore vite et donc diminue les temps de séchage. Plus ce jus est dilué, plus la patine est subtile et donc facilement maîtrisable. Il faut bien attendre le séchage complet car ces peintures acryliques (de marque Pébéo) foncent en séchant.

J’applique une première couche sur l’ensemble de la caisse (du haut vers le bas sur les parois et du centre vers l’extérieur sur le toit), sur le châssis et les flancs de roues. Je laisse sécher puis j’applique une seconde passe. On doit obtenir un léger voile poussiéreux, sans plus. En effet, dans la réalité les voitures sont nettoyées régulièrement. Lorsque cette teinte vous convient, on applique un voile de vernis mat en bombe qui va faciliter l’accroche des terres à décor.

Terres à décor (TAD)

Je travaille uniquement avec des pinceaux à poils souples exclusivement réservés à ces produits. Les travaux sont réalisés sur une feuille de papier sulfurisé pour récupérer les pigments en surplus. Un assortiment de terres à décor en pots de 5gr est largement suffisant pour découvrir cet apprentissage.

Je commence par appliquer une TAD  » Brun roux  » (Artitec 70.009) sur l’ensemble du châssis. Je trempe le petit pinceau dans le pot, tapote sur le pinceau au dessus du pot pour faire tomber le surplus, puis tapote sur le pinceau au-dessus de la surface à traiter. Il faut vraiment déposer le TAD avec parcimonie car il ne faut qu’une très faible quantité pour travailler. Avec un pinceau plus gros, j’étale les pigments.

Je fais de même en bas de caisse pour simuler les traces dues aux projections. Il faut y aller doucement.

Je passe ensuite un peu de TAD  » Rouille brune  » (Artitec 70.002) sur les lames de ressors et les boisseaux de tampons. Je termine par une application de  » Noir poussière  » (Heico 67.013) en insistant sur les boîtes d’essieux. Le tout est fixé par un voile de vernis mat en bombe pulvérisé à une vingtaine de centimètres.

A ce stade, le vernis est susceptible d’amoindrir, voire anéantir la patine avec TAD. Rien de grave cependant, il suffit de recommencer.  Néanmoins, n’oublions pas que ces voitures voyageurs sont moins outragées par le temps simplement parce que plus régulièrement nettoyées. Sur cette voiture donc la patine est volontairement légère.

Voitures à portières latérales Märklin 

Photos 1703 à 1705 : Patine des voitures à portière latérales SNCF Märklin 4204 et 4205. Source : letraindemanu.fr

Ces voitures sont plus compliquées pour y installer des usagers. J’ai donc du laisser l’aménagement en place pour y coller les personnages. Ayant eu la très mauvaise idée d’utiliser la cyanoacrylate, ses vapeurs ont terni certains vitrages. Dans ce cas, j’aurais du utiliser juste de la colle blanche. Je le saurai pour une prochaine fois.

Pour la patine, j’ai utilisé la même technique que celle utilisée sur la voiture précédente. J’ai juste un peu accentué le jus crasse pour avoir deux voitures un peu plus sales.

Voila une petite rame pleine ce charme dont la traction conviendra très bien à la T12 offerte récemment par Pascal. Cette locomotive est d’ailleurs partie à l’atelier patine. En attendant, la Br38 offerte par Christian et elle aussi patinée (voir la technique ici) assure la traction de la navette.

Photos 1706 à 1708 : La navette ouvrière avec des voitures à trois essieux patinées est tractée par la Br38 DB Märklin également patinée. Source : letraindemanu.fr

Emmanuel

 [1] Le « jus crasse » est composé de mes résidus de peintures acryliques précédentes, conservés dans un pot en verre avec couvercle hermétique. Cette solution est largement diluée à l’alcool à 70°. Il faut donc avoir un jus crasse par type de peinture (acryliques, peintures à solvant,…)

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