Patine locomotive a vapeur 130TB Märklin / Trix



La locomotive à vapeur 130 TB 721 est une machine d’origine allemande, la T12, ayant circulé sur le réseau Alsace-Lorraine (AL). Sa conception, évolution des T9 et T11, avec surchauffe et chaudière plus généreuse, en faisait une locomotive particulièrement adaptée à la traction de rames voyageurs de banlieue avec des arrêts fréquents et des démarrages rapides. Elle n’était en revanche pas une alliée des lignes longue distance car trop gourmande en charbon.

C’est donc un engin de traction en parfaite harmonie avec la thématique de mon modeste réseau représentant une ligne d’intérêt local, au même titre que la T12 8361 de la KPEV, qui est son ancêtre, et qui m’avait été offerte par Pascal Hubert, Märkliniste belge et modéliste renommé pour ses modules d’atmosphère en voie Märklin C (La rue des Robermonts & Le boulevard du Fort).

La référence Märklin est une machine Mfx digital sound.

Photo 3603 : patine locomotive à vapeur Ho 130 TB SNCF Märklin Trix référence Märklin 36371 Source letraindemanu.fr

Sommaire


Depuis ma reprise du modélisme ferroviaire en 2017, j’ai décidé de patiner mon matériel roulant. Dans ma pratique antérieure, en tant que Märkliniste de longue date, je n’avais pas osé franchir le pas, bien qu’à l’époque déjà, je bavais d’admiration devant les matériels patinés vus en expositions ou dans nos revues.

Il est vrai que j’étais alors dans un esprit de collectionneur et je craignais une dépréciation de ladite collection. Mais, il faut bien reconnaître que cette valeur n’est que très hypothétique : celle qu’on le lui accorde de façon très subjective. Et puis, cette côte n’aura de toute façon plus aucun intérêt à notre disparition. Bref, j’ai décidé de me libérer de ce qui est une véritable contrainte et de me faire plaisir.

Le second obstacle est la capacité artistique à réussir ses patines. Et comme tout art, il ne s’acquiert que par la pratique. Même si de nombreux tutoriels peuvent nous y aider, il faut avant tout faire, se tromper, recommencer et persévérer.

Le dernier obstacle est le budget. Mais en réalité, point n’est besoin d’un aérographe pour débuter et obtenir des résultats satisfaisants. Quelques pinceaux dédiés, des peintures acryliques, des terres à décor et du vernis en bombe permettent de travailler à moindre coût pour un résultat agréable. Les faibles dosages utilisés à chaque travaux font que nos petits pots et tubes vont durer quelques années. L’apprentissage de l’aérographe pourra donc se faire dans un second temps.

Je me suis d’abord lancé sur des patines de wagons marchandises d’occasion. C’est le meilleur support pour apprivoiser les techniques et les teintes subtiles. Des wagons Jouef ou Roco de seconde main sont parfaits pour ces apprentissages. Forcément, les premiers essais réalisés n’étaient pas parfaits, mais ont eu le mérite de me mettre en confiance. J’ai trouvé l’exercice plaisant, d’autant qu’on porte un soin particulier sur le décor dans lequel il évolue. Dans la galerie photos ci-dessous, quelques-uns de ces wagons patinés depuis 2017 (Cliquez sur une photo pour agrandir le diaporama).

Après de premiers essais sur des wagons de marchandise, se posait la nécessité de patiner le parc moteur. Inesthétique en effet d’atteler des wagons patinés à une locomotive qui ne l’est pas.

La première difficulté à laquelle j’ai été confrontée concerne les photographies couleur des locomotives à vapeur : Il s’agit bien souvent de locomotives préservées par des musées ou des associations de sauvegarde et donc rutilantes sur le plan esthétique. Difficile de trouver des images couleur du temps du service actif.

J’ai donc décidé de me lancer sur des machines d’occasion qui m’avaient été offertes par des mécènes. J’ai débuté par une BR38 (ex-P8). Preuve que la patine n’est pas rédhibitoire à une revente, cette Br38 patinée a été revendue par la suite pour financer l’acquisition de la BR50. Seconde locomotive à vapeur à être passée à l’atelier peinture : une BR80. Certes, ces patines étaient un peu prononcées, mais correspondaient bien à des engins en fin de carrière pour la traction de rames de services et de travaux.

Dans la catégorie locomotive à vapeur plus récentes, j’ai patiné la T12 offerte par Pascal Hubert. Une patine très soft pour cet engin d’un service voyageur régulier. J’ai également patiné ma Br50 avec tender cabine. La patine était ici plus soft bien qu’il s’agisse d’une machine tous services.

Etape 1 : les peintures

Les travaux de patine vont s’étaler sur plusieurs jours puisqu’il faut attendre le séchage complet de chaque couche pour travailler la suivante, d’autant que certaines peintures foncent en séchant. Je travaille sans démontage de la machine. On travaille à la lumière naturelle. Photo ci-dessous : la locomotive avant travaux.

Le jus crasse est la solution qui sert à nettoyer mes pinceaux et reçoit les résidus de dilutions de mes travaux de peintures antérieurs. Le jus crasse est un jus grisâtre qui imite parfaitement la poussière. J’ai donc deux jus crasse :

  • Le premier à base d’alcool à 70° pour mes peintures acryliques (type Pébéo, Amsterdam,…)
  • Le second à base de white-spirit pour mes peintures à solvant (type Humbrol)

Ces jus crasse étant assez concentrés, on ne les utilise jamais purs, mais toujours redilués avec le solvant d’origine à raison d’une dose de jus pour deux doses de diluant. J’utilise le jus crasse acrylique sur cette locomotive. Ma nouvelle dilution est préparée dans un petit pot pour sauce soja recyclé d’un traiteur asiatique. Ces petits pots ont l’avantage d’avoir un couvercle hermétique qui permet de garder les dilutions plusieurs jours sans évaporation.

L’application se fait au pinceau plat pour toutes les surfaces planes : du centre vers les bords pour les faces horizontales, du haut vers le bas pour les faces verticales. Un pinceau plus petit est utilisé pour le reste de la carrosserie : casquettes de fenêtres avant, dôme, cheminées,…

Il est impératif de bien attendre un séchage complet de cette première couche car le jus crasse fonce en séchant. Pour ma part, j’ai passé trois couches à 24 heures d’intervalle.

Le jus tartre est une solution blanchâtre. J’ai utilisé la solution Rainmarks effects Ammo Mig 1208. On l’applique au niveau des caisses à eau et des parties où l’eau coule.

J’utilise la solution Fresh Engine oil Ammo Mig 1408 : sur les embiellages, les boisseaux de tampons et traverses de tamponnement.

Photo 3623 : patine locomotive à vapeur 130 TB 721 Märklin 36371 application du jus d’huile Source letraindemanu.fr

Etape 2 : Vernis

Après séchage, on passe un voile de vernis mat en bombe. Ce vernis est pulvérisé à une vingtaine de centimètres après avoir protégé l’embiellage et les phares avec un ruban adhésif. Ce vernis va protéger la peinture et permettre une meilleure accroche des terres à décor appliquées par la suite.

Etape 3 : Terres à décor (TAD)

Nous allons maintenant travailler avec des terres à décor (TAD). Ce sont des pigments de peinture très fins. On les applique à sec, de préférence avec des pinceaux à poils souples dédiés à cette seule utilisation. La TAD va matifier la caisse. Les pigments étant très volatiles, on les utilise avec de toutes petites doses : on trempe un pinceau fin dans le pot, on tapote le pinceau au-dessus du flacon pour retirer l’excédent, puis on applique délicatement le pinceau sur le point souhaité. Si on dépose trop de TAD, on souffle. Avec un pinceau à poils souples plus gros, on étale ensuite la TAD, généralement verticalement du haut vers le bas.

Ces terres à décor sont vendues en petits flacons de 5 à 30 gr. En fait, on en utilise très peu à chaque séance, ces flacons durent donc plusieurs années.

Pour choisir vos terres à décor, il faut faut quelques teintes de base :

Photo 3626 : Râtelier à terres à décor chez l’auteur. Source : letraindemanu.fr
  • Noir standard
  • Noir poussière (grand flacon, usage fréquent)
  • Blanc
  • Ombre naturelle (grand flacon, usage fréquent)
  • Différentes teintes de rouille (oxyde rouille, rouille orangée, rouille brune)
  • Ocres (claire et foncée)

Ces terres à décor se trouvent chez tous nos détaillants.

On applique de la terre à décor blanche partout où le tartre s’est déposé, c’est à-dire aux mêmes endroits que la peinture blanche précédente (jus tartre).

Pour les traces de rouille, je travaille successivement avec plusieurs teintes.

Un rouille oxyde est déposé à tous les endroits où se trouve la rouille : Chaudière, pistons, bas de caisse, platelages,… Cette première teinte est ensuite atténuée avec une rouille orangée puis une troisième passe avec un brun-roux. Cela permet d’avoir un délavé de rouille.

La terre à décor noir poussière est appliquée sur toute la machine, hormis les embiellages.

Le noir standard est essentiellement appliqué au niveau du tender et ses environs immédiats. J’en applique également sur le dessus et au milieu de la machine, de la cheminée vers la cabine.

Etape 4 : Vernis de finition

Le vernis mat en bombe est pulvérisé généreusement sur la machine (phares et embiellages protégés), à une vingtaine de centimètres. Pas plus près, sinon le souffle de la pulvérisation risque d’atténuer vos travaux à la terre à décor. Si tel est le cas, il suffit seulement de recommencer les différentes phases de l’étape 3.

Photo 3627 : patine locomotive à vapeur 130 TB 721 Märklin 36371 Trix. Source : letraindemanu.fr
Photo 3628 : patine locomotive à vapeur 130 TB 721 Märklin 36371 Trix. Source : letraindemanu.fr
Photo 3629 : patine locomotive à vapeur 130 TB 721 Märklin 36371 Trix. Source : letraindemanu.fr
Photo 3630 : patine locomotive à vapeur 130 TB 721 Märklin 36371 Trix. Source : letraindemanu.fr

Me voici maintenant en présence d’une belle petite machine pour la traction de mes rames ouvrières de banlieue. J’ai fait de cette machine de série (certes limitée) une locomotive unique. L’aspect plastique d’origine a complètement disparu pour faire place à une machine du service actif.

Photo 3631 : patine locomotive à vapeur 130 TB 721 Märklin 36371 Trix avant et après travaux de patine. Source letraindemanu.fr

Emmanuel



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6 commentaires

    1. Sur ce site, le tutoiement est le bienvenu. Nous sommes entre ferroviphiles, on n’est pas au boulot.

      Tu es de quel coin ? On peut peut-être se rencontrer. Ce sera avec plaisir.

      Merci pour ta visite et ton intervention.

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    1. j’avais quelques appréhensions au début de cette nouvelle session car les locomotives à vapeur me semblent plus ardues qu’une machine diesel. Le plus difficile est de trouver des photos couleurs de locomotives en état de service actif avant 1960 pour s’en inspirer.

      Au final, le résultat obtenu est très satisfaisant d’autant qu’en photographie la moindre erreur apparaît immanquablement. Seule petite bourde : des « éclats » de terre à décor blanche sur l’avant droit du la chaudière, bien visibles en photo, mais moins perceptibles sur le réseau.

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