Construction des quatre premiers modules du nouveau réseau

Construction des quatre premiers modules du nouveau réseau : cap sur la norme Modulino !


Par Emmanuel – France, Ile-de-France
Publié sur letraindemanu.fr le 7 mars 2022 – Mis à jour le 27 juin 2026
Cet article est également disponible en PDF


L’ancien réseau « ZI Nord » cède entièrement sa place à la nouveauté. Immersion technique au cœur du lancement de la construction des quatre premiers modules standardisés du nouveau réseau miniature HO..

Explications techniques sur la construction des nouveaux modules.

Introduction


La célèbre zone industrielle ZI Nord appartient désormais à l’histoire. Sa déconstruction intégrale vient d’être achevée avec succès. Fort heureusement pour l’avenir de l’installation, l’utilisation originelle d’une sous-couche en Dépron® s’est révélée être une alliée salvatrice : elle a permis de préserver l’intégralité des bâtiments, qu’ils soient d’origine industrielle, artisanale ou issus de constructions intégrales manuelles (home made). Un immense soulagement pour le modéliste. Dans la même logique de préservation, les deux signaux de chez France Fourniture Modélisme ainsi que l’ensemble de la signalisation lumineuse ont été récupérés intacts. Ils attendent désormais de reprendre du service au sein de la future gare rurale.

Photo 2580 : Le réseau modulaire HO d’origine initié en 2017 et aujourd’hui démonté entièrement.
Source visuelle : letraindemanu.fr

Les figurines, les véhicules routiers, les arbres ainsi que les éléments les plus fins du décor ont également été triés et mis à l’abri. Du côté des matières premières et de l’infrastructure technique, le bilan de cette dépose s’avère extrêmement positif : l’éclairage en 220v, les plaques de Polyglass®, la quincaillerie, l’ensemble du réseau électrique secondaire en 14v, et même plusieurs panneaux de bois structurels ont pu être récupérés. Les seules pertes sèches à déplorer concernent les voies, la végétation de surface floquée au sol et quelques lampadaires dont les fils d’alimentation microscopiques n’ont pas résisté aux contraintes mécaniques du démontage. Cet écueil invite d’ores et déjà à concevoir des solutions de câblage plus robustes pour la future installation.

Le conseil de l’expert : Au terme de cette déconstruction complète, nous ne pouvons que vous recommander l’application systématique d’une sous-couche de Dépron® de 6 mm sous vos voies et décors. Encollée à la colle vinylique pure, elle constitue une assurance-vie indispensable en cas de modification de tracé, de refonte du décor ou de dépose complète de votre réseau.

Une fois la place nette, cette phase de transition a été mise à profit pour opérer un grand nettoyage de la pièce du train. Une réorganisation complète de l’outillage et des stocks de matières premières offre désormais un atelier sain, ordonné et propice aux futurs travaux de menuiserie de précision.

Éléments structurels et matières premières : le choix de la modularité

Ces nouveaux modules s’inspirent librement de la norme de rassemblement Modulino, dont les spécifications techniques ont été adaptées à mes objectifs d’exploitation à domicile. N’ayant jamais expérimenté cette interface standardisée, la construction d’une première série de quatre éléments tests permettra de se familiariser avec ces nouvelles contraintes géométriques.

Pour mener à bien ces opérations de menuiserie fine, le cahier des charges des matériaux est le suivant :

  • 8 panneaux de contreplaqué (CP) de 10 mm (dim. 30 x 15 cm) : ils formeront les interfaces d’extrémité indispensables à l’alignement des modules.
  • 4 panneaux de CP de 10 mm (largeur 15 cm x longueur personnalisée selon le projet) : destinés aux structures de fond de décor (la norme Modulino préconisant des éléments maniables de 20 à 100 cm).
  • 4 panneaux de CP de 10 mm (largeur 5 cm x longueur identique aux fonds) : prévus pour habiller les façades avant.
  • Boulonnerie d’assemblage : 2 boulons, 4 rondelles et 2 écrous papillon de ∅ 10 mm par liaison inter-module. Note de conformité : bien que la norme officielle Modulino privilégie un diamètre de 8 mm pour s’octroyer une plus grande marge d’ajustement, le choix s’est ici porté sur du 10 mm.
  • Outils de perçage : 1 foret à bois neuf de ∅ 12 mm pour les liaisons principales, et 1 foret fin de ∅ 2 mm pour réaliser les pré-trous dans les tranches du contreplaqué (indispensable pour éviter que le bois n’éclate lors du vissage).
  • Quincaillerie et colles : Vis à bois VBA à têtes fraisées cruciformes (∅ 2,5 mm x L 20 mm) pour solidariser les assemblages après encollage ; colle néoprène en gel (le conditionnement en tube s’avère idéal pour la précision du geste).
  • Ossature interne : 4 tasseaux d’environ 25 x 25 mm pour supporter la future plateforme de voie (la section est à adapter selon la longueur du module pour garantir une rigidité absolue).
  • Gestion électrique : Des peignes à reliure de bureau en plastique, détournés de leur usage initial pour servir de guides-câbles sous les tasseaux.
  • Outillage électroportatif : Scie sauteuse dotée d’une lame à bois neuve, perceuse-visseuse et ponceuse orbitale.
Photo 2581 : Quelques éléments de la nouvelle construction.
Source visuelle : letraindemanu.fr

L’infrastructure des piètements : une alternative sur-mesure pour le réseau domestique

Si la charte Modulino classique prévoit l’installation de quatre pieds individuels par module logés dans des fourreaux d’angle, cette configuration crée rapidement une « forêt de poteaux » fastidieuse à gérer en intérieur, bien que très pratique en exposition. De plus, l’agencement de la pièce impose d’enjamber deux meubles colonnes de rangement préexistants.

La solution technique retenue réside dans la conception de deux grandes poutres porteuses longitudinales qui soutiendront l’enfilade des quatre modules. Cette charpente spécifique nécessite :

  • 2 tasseaux en pin sans nœuds raboté de section 27 x 47 mm (cote minimale pour éviter tout fléchissement sur une telle portée) d’une longueur de 2,50 m.
  • Quincaillerie de support : 16 boulons ∅ 4 mm x L 40 mm, 16 boulons ∅ 4 mm x L 20 mm, 16 pattes d’assemblage rectilignes en acier zingué (L 60 mm), 64 rondelles et 32 écrous papillon de ∅ 4 mm.

Des équerres métalliques et des chevilles adaptées assurent la liaison mécanique entre les poutres porteuses, les meubles faisant office de piliers et le mur de la pièce, constituant une sécurité indispensable contre le basculement.

Guide de construction pas-à-pas

Étape 1 – Le gabarit et la découpe des interfaces latérales

Il s’agit de l’étape fondamentale du projet. De l’exactitude de ces coupes dépend l’alignement parfait des voies d’un module à l’autre. Un gabarit étalon en carton fort et rigide est préparé au millimètre près pour servir de matrice immuable.

Le perçage des trous de passage des boulons de liaison est réalisé en premier. Les 8 planches de CP de 10 mm sont empilées à la perfection et bridées à l’aide de quatre serre-joints. Le perçage s’effectue de manière strictement verticale avec le foret de ∅ 12 mm.

Les interfaces sont ensuite assemblées deux par deux à l’aide de boulons afin d’exclure tout risque de ripage pendant la coupe. La plateforme de voie finale présentera une largeur de 6 cm pour une hauteur de 10 cm, positionnant l’axe de la voie à 12 cm du bord arrière (soit 13 cm une fois le panneau de façade posée). La découpe angulaire plongeante vers la façade avant crée un relief négatif de 5 cm qui offre une mise en valeur spectaculaire des rames en circulation. Le profil de découpe arrière reste libre et dépendra du décor (bâtiments, reliefs positifs). Les découpes sont effectuées par paires à la scie sauteuse pour éviter que la flexion de la lame ne fausse la géométrie. Une fois les 8 pièces détourées, un bloc global est reformé au serre-joint pour un ponçage d’égalisation des chants.

Photo 2582 : Découpe des faces latérales de quatre premiers modules.
Source visuelle : letraindemanu.fr

Étape 2 – L’assemblage structurel des caissons

Les bandeaux de façade et de fond viennent recouvrir les tranches des interfaces préalablement usinées, conférant aux caissons une largeur standardisée de 32 cm. L’assemblage est confié à la colle néoprène en gel pour son adhérence immédiate et structurelle. La technique du double encollage est de rigueur : application fine sur les surfaces en contact, évaporation des solvants durant 5 à 10 minutes, puis mise en pression forte. La prise étant instantanée, l’équerrage doit être vérifié avec la plus grande rigueur au moment du contact.

Des pré-trous de ∅ 2 mm sont forés dans le contreplaqué aux points stratégiques (2 en façade avant, 3 sur le panneau de fond) avant d’y insérer les vis VBA de 2,5 x 20 mm. Les éventuels refoulements de colle néoprène sont immédiatement arasés.

Photo 2583 : le module n°2 est construit.
Source visuelle : letraindemanu.fr

Étapes 3 & 4 – Bridage sur la charpente et mise en place dans la pièce dédiée

Les poutres de soutien affichent une longueur de 2,50 m pour une longueur totale de modules combinés de 2,32 m (soit 4 modules de 58 cm). Les caissons sont centrés sur l’infrastructure, ménageant une réserve de 9 cm à chaque extrémité pour l’accueil de futurs modules d’extension.

Pour l’implantation des platines métalliques de liaison, un choix esthétique s’est imposé : si la poutre de fond accueille ses fixations sur l’extérieur, la poutre avant dissimule ses pattes d’assemblage à l’intérieur du caisson, évitant ainsi de rompre la pureté visuelle du bandeau avant destiné aux spectateurs. Chaque module est solidarisé aux poutres par des boulons de ∅ 4 mm (L 40 mm côté pin, L 20 mm côté contreplaqué).

Pour déterminer la hauteur des piètements, le « niveau zéro » du plan de roulement a été fixé à 147,5 cm du sol. Compte tenu de l’épaisseur de la plateforme supérieure (5 mm), la structure de support bois et meubles a été coupée à la cote précise de 132,3 cm. Les éléments bas sont ancrés mécaniquement aux cloisons de la pièce.

Après un premier montage à blanc pour valider la planéité parfaite, les têtes de vis et les micro-éclats du bois sont masqués à la pâte à bois fine. Un ponçage général prépare les bandeaux extérieurs à recevoir une première couche d’apprêt acrylique blanc mat. Les piètements verticaux ont quant à eux été peints dans la teinte exacte du mur afin de se faire oublier visuellement.

Photo 2584 : le module n°4 est construit et posé sur les poutres porteuses.
Source visuelle : letraindemanu.fr
Photo 2585 à 2588 : les quatre premiers modules sont en place sur les poutres porteuses.
Source visuelle : letraindemanu.fr
Photo 2585 à 2588 : les quatre premiers modules sont en place sur les poutres porteuses.
Source visuelle : letraindemanu.fr
Photo 2585 à 2588 : les quatre premiers modules sont en place sur les poutres porteuses.
Source visuelle : letraindemanu.fr
Photo 2585 à 2588 : les quatre premiers modules sont en place sur les poutres porteuses.
Source visuelle : letraindemanu.fr

Étape 5 – Équipement électrique : déploiement des feeders de puissance

La régularité des circulations et l’absence de pertes de charge reposent sur le déploiement d’un « feeder », une ligne de transport électrique à forte section (câbles de 2 mm² à 2,5 mm²) courant sous l’infrastructure. Pour répondre aux besoins complexes du futur réseau, trois circuits indépendants composent la colonne vertébrale électrique :

  1. Le feeder Traction (Digital) : dédié au signal numérique DCC en provenance directe de la centrale Mobile Station 2 (MS2) de Märklin.
  2. Le feeder 14v Courant Continu (CC) : connecté aux bornes de traction d’un transformateur analogique classique, ce circuit permet de moduler précisément la tension pour l’alimentation douce des éclairages à LED (bâtiments, lampadaires, signaux fonctionnels, animations de décors).
  3. Le feeder 14v Courant Alternatif (CA) : repiqué sur la sortie accessoires du transformateur, il délivrera la puissance instantanée indispensable au basculement des moteurs d’aiguillages à solénoïdes.
Photo 2589 : Un serre-joint évite l’éclatement du bois lors du perçage.
Source visuelle : letraindemanu.fr
Photo 2590 : Vue du dessous d’un module.
Source visuelle : letraindemanu.fr

Les quatre tasseaux supports de voie sont coupés à la longueur nominale du module diminuée de 20 mm, encollés à la néoprène puis sécurisés par vis après un pré-perçage sous serre-joints pour prémunir le bois de tout éclatement. Les peignes à reliure de bureau sont vissés sous ces tasseaux. Ce détournement astucieux offre un berceau idéal pour peigner et maintenir les câbles des feeders de manière parfaitement ordonnée.

En marge de la norme Modulino qui préconise l’usage de connecteurs Cinch/RCA audio, le choix s’est ici porté sur la robustesse et la simplicité de maintenance des dominos d’électricien traditionnels à vis. Un code couleur strict garantit la clarté du câblage :

  • Rouge : Pôle positif Traction (+ rail central en système 3 rails, + rail côté fond de décor en configuration 2 rails).
  • Noir : Pôle négatif Traction (rails de roulement en 3 rails, rail côté spectateur en 2 rails).
  • Orange : Ligne + 14v Courant Continu.
  • Bleu : Ligne — 14v Courant Continu.

(Les repères colorimétriques du circuit 14v Courant Alternatif feront l’objet d’un arbitrage ultérieur).

L’infrastructure lourde est désormais achevée, offrant une base géométrique parfaite pour la pose prochaine des voies et le début des travaux de modélisme d’atmosphère.

Affaire à suivre…
Emmanuel

Notes techniques :

  • Optimisation budgétaire : Pour l’achat de la quincaillerie (vis, boulons, rondelles), l’approvisionnement au kilo (en vrac) s’avère considérablement plus économique que l’achat de sachets préconditionnés.
  • Sélection des matériaux : Lors de l’achat de vos tasseaux en pin en grande surface de bricolage, vérifiez systématiquement leur parfaite linéarité sur chant pour écarter tout élément vrillé.
  • Bilan financier : Le coût global des fournitures en bois pour cette première étape structurelle majeure s’élève à environ 50 euros.

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11 commentaires


  1. Bravo pour le boulot et votre site.

    Pouvez vous sil vous plait, me dire comment vous fixez les modules sur les poutres porteuses ?

    J’ai pas bien compris ! Avec des pattes métalliques boulonnées au travers ? Je ne les vois pas sur les photos.

    Merci !


    1. Les modules sont à base de Cp 10 mm.

      Ils sont posés sur les poutres porteuses. Comme les poutres sont plus épaisses que les faces des modules, ces derniers sont fixés aux poutres par des pattes métalliques à 4 trous.

      Sur la face avant, les pattes sont à l’arrière de la face avant, donc a l’interieur des modules, non visibles du spectateur (pour eviter de voir les pattes). De fait, la face avant est un peu en retrait de la poutre.

      sur la poutre arrière, côté mur, c’est l’inverse. Les pattes sont plus grandes pou permettre de rigidifier aussi le CP 3 mm qui fait fond de décor.

      on le voit bien sur la photo 2584, épisode 306

      Les modules sont reliés latéralement par des écrous et boulons de ○ 10 mm dans des trous de ○ 12 mm pour affiner les jonctions. Toutes les autres fixations sont à base de boulons et ecrous de ○ 4 x 20 mm ou ○ 4 x 40 voire ○ 4 x 50 mm avec rondelles de ○ 4 mm.

      Merci de ton intérêt et joyeuses fêtes de fin d’année


      1. ‌  

        Bonjour Manu.

        Merci d’avoir pris le temp de me répondre.

        Je comprends mieux. Donc la poutre horizontale sur laquelle vous posez les modules, n’est pas fixé contre le mur derrière ?

        J’étudie comment je vais pouvoir créer les modules de mon futur réseau HO, et j’aime bien vos explications et vos modules sont bien conçus..

        Je réfléchis comment réaliser des reliefs négatif (exemple pour faire un haut viaduc) et je pense qu’il faut créer un module avec la partie horizontale a un niveau bien plus bas que les modules voisins.

        Joyeux Noel et bonne continuation pour votre réseau.

        Cordialement,

        Patrice.


        1. Oui. Le principe du relief négatif est que son décor est sur un plan inférieur au niveau de la voie. Donc ton module aura une base plus basse même si ta voie est toujours au niveau zéro. C’est le cas sur ton exemple de pont.

          Tu n’as pas forcément besoin d’un dénivelé important pour un joli rendu : un haut viaduc métallique (type Garabit) est forcément plus spectaculaire, mais un petit ponceau franchissant une petite rivière est tout aussi agréable s’il est bien traité.

          Autre point à ne pas négliger : le fond de décor de ce relief négatif. Car forcément, plus c’est profond, plus c’est compliqué de créer un fond de décor cohérent avec le reste du réseau.

          Donc, avant de te lancer dans un module négatif complexe, et donc onéreux, je t’invite à t’exercer sur un diorama plus modeste avec un petit pont routier ou fluvial dans le style de gamme proposée par exemple par PN Sud Modélisme.

          Un diorama séparé ou incorporable ensuite au réseau. Un diorama à thème rivière te permettrait aussi de te familiariser avec des produits techniques bi-composants ou résine pour la reproduction de l’eau.

          Bref, un diorama d’apprentissage.

          Bonnes réflexions.


          1. Merci Manu pour ces très bon bon conseils.

            Ce sont pout ma part des envies qui prendront vie petit a petit, j’ai énormément de boulot avant.

            Déjà, je dois terminer les travaux (ponçage et peinture) de la pièce ou je prévois mon futur réseau…

            Mais je réfléchis aux supports, d’où ma question 😉


  2. Bonsoir.
    Je viens de découvrir votre site et je suis bluffé ! Merci pour tout ce partage.
    Petite question : les 16 pattes d’assemblage acier zingué, L 60 mm sont bien des pattes plates?


    1. Merci pour les appréciations. Oui, le pattes d’assemblage sont des modèles plats. Mais pour les fixations arrières, je t’invite à utiliser des pattes de plus grande longueur afin qu’elles plaquent les MDF 3 mm du fond de décor sur la façade arrière des modules en lui conférant ainsi une plus grande rigidité.

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