Préparation du fond de décor


Épisode 25 – Le fond de décor est un élément à part puisque de sa réussite dépend la qualité scénique du module tout entier. Il ne faut pas se louper.

Dans la version originale de « La rue de Suède« , Yann Baude utilise des techniques photographiques pour dérouler un fond de décor cohérent qui apporte une réelle profondeur à son œuvre. Forte de cette réussite, les éditions Loco-Revue éditent d’ailleurs dans la foulée ce panorama à l’attention des modélistes qui souhaitent s’inspirer du module original. Malheureusement, ayant augmenté la longueur dans mon projet, cette publication n’est plus adaptée car trop courte.

Si la conception même du fond ne me rebute pas, il ne s’agit somme toute que d’un travail minutieux de montage photographique, les tirages d’essai s’annoncent compliqués n’ayant pas d’imprimante adéquate pour un tel format. Et le tirage définitif sur papier photo mat m’obligerait a faire appel à un onéreux laboratoire pour un fond de plus de 265 x 40 cm. Enfin, n’ayant à ce stade encore aucune idée de l’emplacement des futurs bâtiments, il semble difficile de travailler un fond qui soit raccord.

Photo 88 : Le caisson brut du module 1 en début de travaux en avril 2017. Source : letraindemanu

Un fond de décor peint

Pour toutes ces raisons, j’opte donc pour un fond de décor peint : Moins onéreux et plus facilement adaptable à mes futures constructions.

La première étape est de disposer d’un fond lisse et doux comme une peau de nourrisson. Ayant opté pour un support issu d’un fond d’armoire, mon support est donc parfaitement adapté. Si besoin, il faut préalablement masquer les têtes de vis avec un peu d’enduit puis poncer.

Pour ces travaux, je vais utiliser de la peinture acrylique de marque Pébéo. Cette marque est réputée pour la qualité de sa texture et de ses teintes. Pour ma part, j’ai travaillé aux pinceaux-brosse de 25 et 37 mm. Il va de soit que toute la partie « voies » est masquée sous des protections en papier journal. Le module est ensuite basculé d’un quart de tour, le fond de décor se trouvant ainsi en position horizontale.

La première phase consiste donc à recouvrir tout le fond de décor et les montants latéraux d’une couche de blanc de titane diluée à 50% d’eau. Après séchage, et ponçage avec du papier de verre 120, j’ai appliqué une seconde couche cette fois diluée dans 25% d’eau. Cette méthode permet une répartition homogène de la peinture sans trace disgracieuse. A cette étape donc, mon fond présente une belle sous-couche blanche. 

Quelles teintes ?

J’aborde là un aspect un peu suggestif puisqu’il s’agit de définir le type de ciel que je souhaite reproduire. Si l’on observe de nombreuses photographies, il faut bien se rendre à l’évidence, le ciel tout bleu ça n’existe pas. Dans un environnement urbain comme le mien – en réalité comme sur mon module – on constate plus un dégradé de blanc laiteux vers différentes nuances de gris en fonction de l’enuagement. Il n’y a parfois pas de bleu du tout.

Je démarre du coté « sol du module » en appliquant un blanc de titane 118 auquel j’ajoute avec parcimonie un peu de gris velours 120. Les dosages se font délicatement sur la palette. Il est plus facile d’assombrir par la suite que d’éclaircir. Je fais une première passe de ce blanc légèrement grisé sur la moitié basse du panneau, la moitié supérieure étant recouverte de blanc pur. Il faut ensuite attendre le séchage complet pour avoir le rendu définitif de cette couche.

En fonction du résultat obtenu, la couche suivante sera ajustée en conséquence. Personnellement, j’ai conservé la teinte obtenue avec un très léger gris. Il me sera ainsi plus facile par la suite d’assombrir par endroits en fonction de la position et de la forme de mes bâtiments en bas-relief, voire peut-être de travailler avec des gels et mortiers pour donner du relief.

La partie supérieure du fond est travaillée selon la même méthode avec du bleu azur 205.

Le résultat obtenu au final me convient assez bien, en particulier le dégradé gris/blanc/bleu. Ce fond me permet ainsi de mieux appréhender le décor général du réseau et son contenu tout en me laisser une belle marge d’adaptation lorsque mes bâtiments en bas-relief auront été construits et mis en place.

Ce fond de décor ne m’aura coûté qu’une trentaine d’euros de peintures.

Emmanuel