Hommage : 41 ans de bonheur avec le train


Épisode 26 – En ce jour du treizième anniversaire de la disparition de mon père, je souhaitais rendre ici hommage à mes parents trop tôt disparus. Un billet qui a toute sa place sur ce blog puisqu’ils sont à l’origine de ma passion pour le monde ferroviaire.

Depuis quelques semaines, je vous partage mon expérience de « La rue de Suède revisitée en Märklin digital » qui signe là mon retour dans le Ferro modélisme après quinze années d’une abstinence autant brutale que forcée.

Dans un contexte socio-économique personnel bien plus défavorable et contraint que lors de ma pratique précédente, j’espère pouvoir démontrer que notre hobby reste un loisirs distrayant et malgré tout accessible dès lors que l’on sait se fixer un cahier des charges réaliste.

Plusieurs d’entre vous ont d’ailleurs manifesté leur intérêt pour ce bien modique projet et je vous remercie ici pour vos encouragements amicaux, vos conseils avisés et vos suggestions constructives

Et c’est avec beaucoup d’humilité que je tiens compte, autant que faire se peut, de ces observations pertinentes pour choisir d’autres options, corriger des erreurs, rectifier des montages et finalement progresser au mieux de mes biens modestes moyens.

Après ce propos liminaire, je souhaite rendre ici hommage à mes parents qui m’ont permis de découvrir ce hobby il y a maintenant quarante-et-un ans.

Photo 92 : l’auteur. Source : letraindemanu

Quarante-et-un ans de passion

C’est au matin de Noël 1975 que mes parents m’offrirent mon premier train électrique. J’avais alors dix ans. Quel ne fut pas mon émerveillement lorsque je découvris au pied du sapin un petit réseau bouclé en voie M monté sur une grande planche floqué d’un vert improbable. Devant la gare, le modèle Neuvy de Jouef me semble-t-il, une imposante diésel Märklin V200 rouge et noire attendait que je lui donne le départ devant un signal aux grosses ampoules rouge et verte. Trois voitures voyageurs toutes en métal y étaient attelées : une 1ere classe bleue, une 2eme classe verte et une voiture restaurant rouge et crème.

Ce fut sans aucun doute mon plus beau Noël. En tout cas celui dont j’ai le souvenir le plus vivace.

Le train miniature,
la passion

en héritage

Photo 93 : Avec père, Noël 1975, il était très tôt !

Avec ce cadeau luxueux – Märklin était déjà à l’époque une marque emblématique et onéreuse – mes parents ne se doutaient pas de la place qu’allait prendre le train dans ma vie. Et donc dans la leur. Très rapidement la petite cave de notre pavillon de la banlieue Est parisienne fut réhabilitée pour accueillir ce réseau… Et ses nombreuses extensions qui allaient en découler.

Avantage indéniable d’avoir une telle passion, d’autant plus quand on a la chance d’avoir été adopté par des parents aimants dans une famille aisée, c’est que tout le monde sait ce qui vous fera plaisir aux Noël et aux anniversaires. Revers de la médaille, quand je faisais une connerie, la punition était également vite trouvée : Punition suprême, privé de train électrique !

Toute mon enfance a été profondément marquée par cette véritable passion. L’abondance de l’époque me permit de me constituer un parc roulant conséquent et d’acquérir des accessoires luxueux, notamment les grues motorisées, les ponts tournants et les rotondes pour abriter toutes ces locomotives.

Si la cave était devenue une caverne d’Ali-baba ferroviaire, ma chambre n’était pas épargnée. Les revues – époque où je pouvais acheter plusieurs titres chaque mois – s’amoncelaient un peu partout, des livres sur les trains envahissaient les étagères, les posters décoraient les murs,… Sans parler des catalogues de toutes marques qui s’immisçaient partout. Finalement seules la cuisine et la salle de bain étaient épargnées de cette déferlante. 

Mais le train n’avait pas qu’un impact sur notre espace de vie. Un peu plus âgé il eut même un retentissement sur nos sorties puisque beaucoup de destinations étaient choisies en fonction de leur attrait ferroviaire et en particulier sur la proximité de lignes touristiques. C’est ainsi que l’on s’étaient rendus au Chemin de fer de Pithiviers ou au Chemin de fer de Chinon-Richelieu (photo 90 ci-dessous). Même lors de nos voyages à l’étranger, le détour vers la gare la plus proche était programmé. Je me rappelle que mon père m’emmenait parfois le dimanche à la Gare de l’Est uniquement pour faire un aller-retour dans un train. De même, beaucoup de départs en vacances se faisaient en trains auto-couchettes. De ces années, j’ai conservé une mémoire olfactive particulière et le souvenir de mon immanquable escapade à la librairie de la gare pour acheter les derniers Loco-revue et RMF que j’allais dévorer pendant la semaine de vacances.

Photos 94 et 95 : Mon premier « vrai » réseau dans la cave de mes parents en 1979. Source : letraindemanu
Photo 96 : Album photos familial des années 80′.
Source : letraindemanu

A mon adolescence, le train céda certes un peu de terrain face à ma vie sociale particulièrement active et mes conquêtes amoureuses. Pour autant, il résistait et conservait une place importante lorsque je rencontrais celle qui allait devenir mon épouse. Mais c’est là une autre aventure.

Je remercie mes parents de m’avoir fait découvrir un hobby qui m’a accompagné tout au long de ma vie et grâce auquel j’ai trouvé un épanouissement enrichissant sur les plans manuels, artistiques et intellectuels.

    A la mémoire de
Gisèle et Jean-Bernard

Photo 98 : Mes parents le jour de leur mariage. Source : letraindemanu

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