Patine d’un wagon grue pour le train de secours



Épisode 240 – Un wagon-grue a été offert à la compagnie. Il revient de l’atelier peinture où il a reçu une légère patine. 


Antoine, mécène de la compagnie, a offert cet été un wagon-grue à la CIC. Il s’agit d’une ancienne grue Märklin 4671 dans sa version bleue à bandes noires. Ce wagon a existé très longtemps au catalogue de la marque et a été décliné en de nombreuses livrées (bleue avec et sans bandes noires, jaune,…). Bien-sûr ce véhicule, avant tout ludique pour les très jeunes modélistes, ne répond plus aux standards actuels en particulier à cause de sa grosse manivelle latérale. Accompagné de son wagon plat et son support de flèche, les deux wagons ont donc été expédiés à l’atelier peinture de la compagnie pour y recevoir une livrée patinée.


Photo 1831 : le wagon grue Märklin 4671 et son plat d’accompagnement dans leur version bleue à bandes noires. Source : internet.

Démontage des wagons

En premier lieu, je démonte les wagons. Le plat est désolidarisé de son châssis, libérant la plaque de lest. Les essieux et les attelages sont retirés. Concernant la grue, la manivelle est ôtée par simple traction. L’extrémité du fil vient avec. Ce fil est coupé (attention, cette opération est irréversible car il est extrêmement difficile ensuite de replacer le câble sur ladite manivelle à l’intérieur de l’imposant lest. La tige qui permet de choisir manuellement la hauteur de la flèche est démontée puis la cabine est retirée (par l’ergot arrière). Les essieux sont retirés. Les pièces de chaque wagon sont placées dans deux anciennes barquettes de steak haché pour ne pas mélanger les pièces, les roues notamment.

Peinture ombre naturelle

Comme d’habitude, je travaille aux acryliques Pébéo diluées à l’alcool à 70° (l’alcool s’évapore rapidement et diminue les temps de séchage entre chaque couche)

Je dilue une petite noisette d’ombre naturelle, plus subtile que le noir de mars, avec quelques gouttes d’alcool. Je l’applique avec un petit pinceau à poils souples :

● Le plat : sur tous les renforts latéraux et les creux, brefs tous les endroits où la crasse s’accumule.

● La grue : sur les lignes de rivets, les encadrements de portes, de fenêtres, de trappes et les creux.

On laisse sécher. Si l’effet n’est pas suffisant, on applique une seconde couche. L’effet doit être suffisant car il sera atténué par l’application du  » jus crasse  » qui va suivre.

Terre à décor rouille brune

Dans un petit godet, je mélange un peu de terre à décor (TAD) rouille brune (Artitec 70 002) avec de l’alcool à 70°. Je l’applique sur le flanc de châssis de la grue, ses grilles arrière et supérieure et sur les lames de ressorts du plat. Je dilue à nouveau mon mélange restant et j’applique sur les boisseaux de tampons et sur la flèche de la grue en n’oubliant pas les faces internes de cette pièce en treillis.

Le  » jus crasse « 

Pour mémoire, le  » jus crasse  » est le résidu de tous mes travaux de peinture précédents conservé dans un pot en verre à couvercle hermétique et largement dilué. J’ai donc un jus crasse pour les acryliques dilué à l’alcool à 70° et un jus crasse pour les peintures type Humbrol avec le diluant de la marque.

J’applique une première couche de jus crasse acrylique : 5 cc de jus à nouveau dilué dans 5 cc d’alcool, le tout dans un petit godet. Cette dilution est appliquée sur l’ensemble des wagons. Elle va atténuer un peu les travaux précédents. On obtient donc ainsi un premier voile de poussière.

Lorsque la teinte souhaitée est obtenue, j’applique une passe de vernis mat en bombe. Ce vernis permettra l’accroche des TAD qui vont suivre.

Fûts, caisses et lanternes

Pendant le séchage des wagons, je m’occupe des accessoires de décoration.

● les deux fûts : modèles en résine de chez PN Sud modélisme. Ils sont dégrappés puis poncés à la Dremel. Nettoyés au liquide vaisselle, rincés et séchés. Ils sont peints à la peinture Humbrol en teinte verte foncée.

● les deux caisses : modèles de chez Faller. Ce sont deux caisses plastique imitation bois offertes par Jeanne et Olivier. Même traitement que les fûts et peinture très diluée en ocre claire.

● les deux lanternes : j’ai renoncé à les rendre fonctionnelles, ce qui m’aurait obligé à monter un frotteur sur le plat et camoufler câbles et condensateur sur ce wagon sensé ne transporter que des agrès. Modèles d’un artisan, ces deux pièces en bronze reçoivent le même traitement que les fûts. Leur patte arrière est coupée à la Dremel pour être collées sur le plat. Peinture à la Humbrol noir mat sauf l’intérieur de la lentille. L’intérieur de la lentille est réalisé lorsque la peinture noire est sèche. J’applique, avec un pinceau très fin, une petite goutte de peinture acrylique non diluée rouge de cadmium clair (c’est un rouge vif). Cette petite goutte comble l’intérieur de la lanterne. Lorsque c’est sec, j’applique une toute petite goutte de Humbrol rouge satin 132 non agité, ce qui a pour effet de foncer le rouge de la lanterne pour lui donner cette teinte d’un feu éteint.

Lorsque toutes ces pièces sont sèches, elle reçoivent une application de jus crasse suivie d’une passe de vernis mat.

Terres à décor à sec

Avec des pinceaux à poils souples dédiés a la TAD.

● ocre claire : une passe sur l’ensemble des wagons. J’insiste sur les creux et le plancher du plat.

● suivie d’une passe d’ombre naturelle sur les creux, les mécanismes de roulement.

● suivie d’une passe de noir poussière, en insistant sur les creux, les mécanismes de roulement et les grilles.

Les fûts et caisses sont également traitées.

Une couche de vernis est appliquée à la bombe. Cette couche de vernis risque d’atténuer voire anéantir la patine à la TAD. Si tel est le cas, rien de grave, il suffit de recommencer l’étape précédente.

Avant de remonter les wagons, les roues sont nettoyées avec un disque de feutre monté sur la Dremel.

A la fin des travaux, on replace le support de flèche au centre du plat (il se cale et se maintient sans colle), et on colle fûts, caisses et lanternes avec une goutte de colle cyanoacrylate Colle 21.

Photos 1832 à 1836 : Patine du wagon grue Märklin 4671 et de son wagon plat d’accompagnement. Source : letraindemanu.fr

Les deux wagons sont attelés derrière le wagon atelier (je pense que dans la réalité la grue doit être le dernier wagon du convoi pour être au plus proche du chantier de relevage). Il ne me manque plus que quelques décalcomanies MT (matériel et traction) ainsi qu’un wagon voyageur réformé pour le personnel et ma rame de secours sera complète.

Emmanuel

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s