Premiers branchements électriques sur le module


Épisode 20 – La voie est posée et patinée. Il est temps de m’attaquer à la première phase du câblage électrique.

Maintenant que la voie est définitivement posée, il est possible de concevoir la première étape du câblage. Et cela nécessite d’être soigneux et ordonné. Car jusqu’à présent, je n’ai que l’alimentation traction à connecter. Mais à l’avenir de nombreux accessoires électriques viendront se greffer : moteurs, signalisation ferroviaire, éclairage public, illumination des bâtiments, … 

Faire un plan électrique soigneux

Même sur une surface aussi réduite, le câblage va rapidement se densifier et se complexifier. Les risques de pannes seront nombreux – et forcément proportionnels au volume d’accessoires – et seront autant de réparations qu’il faut envisager. Il convient donc de faire un plan soigneux que l’on complète au fur et à mesure de l’évolution, en adoptant un code couleurs invariable.

– Rouge : le positif ou la phase du courant traction. Pour mon module, le câble rouge alimente le rail central ;

– Noir : le négatif ou le neutre du courant traction. Dans mon cas, le câble noir alimente les deux files de rails (hors zone de rétrosignalisation) ;

– Jaune : positif ou phase en courant  » accessoires  » ;

– Marron : négatif ou neutre « accessoires » on/off

– bleu : négatif ou neutre des  » accessoires  » à impulsion.

Voilà pour le début. 

Quelques outillages

Photo 63 : le feeder traction est installé dans des peignes de reliures pour un câblage plus ordonné. On voit ici les liens permanents et les connexions. Source : letraindemanu

Point besoin de faire un plan rigoureux si le câblage physique est bordélique. Il faut donc quelques matériels pour travailler proprement. On trouve cela facilement dans toute GSB (Grande Surface de Bricolage dans notre jargon modélistique) :

-un tournevis adapté aux dominos,

-un dénudeur

-une pince coupante,

– et le fer à souder.

Voilà pour les outils. Il faut également du petit matériel :

– Trois barrettes de dominos pour câbles de section 1,5 ;

– vis pour fixer les dominos par paires ;

– Cinq mètres de câbles rouge et noir section 1,5 en câble rigide ;

– Une pochette de 50 liens permanents (Serflex©) et 50 bases adhésives (vérifier les compatibilités) ;

– Dix peignes de reliure et un marqueur fin indélébile (en papeterie).

Photo 64 : connections de la voie d’évitement au feeder traction. Source : letraindemanu

Le feeder traction

Voici arrivé le moment où je vais apprécier mon choix en faveur d’un réseau sous forme de modules. J’ai pris quelques années et je ne suis plus aussi souple. Passer des après-midi allongé sous le réseau c’était fun il y a vingt-cinq ans. Ce n’est plus trop mon truc. Et c’est à cet instant que j’apprécie mon choix de module. Maintenant, plus de contorsions. Je bascule mon module d’un quart de tour et me voici assis confortablement face à mon plan de travail. 

Je commence par tracer au crayon l’axe de la voie sous le plateau, en évitant les aiguillages pour laisser la place aux éventuels moteurs sous table. Sur ce tracé, je fixe des peignes de reliure en plastique d’est en ouest par sections comprises entre les différents débouchés de fils (photo 64 en haut de page). La longueur des peignes est ajustée avec de simples ciseaux.

Ensuite je repère tous les câbles rouges et noirs qui viennent des voies. On en trouve à chaque extrémité du module soudés aux deux voies de transition, sur la voie principale et la voie d’évitement ainsi que sur chaque embranchement. À chaque débouché du plateau, je conserve une dizaine de centimètres des fils et les range en boucles maintenues par un lien Serflex© fixé sur un support adhésif. Les extrémités ont été dénudées et étamés. Les fils sont ensuite munis d’un domino grâce auquel il sera relié au feeder (photo 65 Ci-dessus).

Photo 65 : Le branchement de la mobile-station 2 Märklin digital. Source : letraindemanu

Je poursuis en fixant le boitier digital Märklin, prises vers la face spectateurs à une dizaine de centimètres en retrait de la face avant pour permettre des branchements aisés. Je l’installe au centre du module dans l’axe est-ouest, ce qui me permet de garder en main la Mobile-Station en tous points du module avec son câble de 170 cm (photo 66 ci-dessous)

A ce stade donc, la centrale digitale est installée, les peignes sont en place et tous les débouchés de câbles sont traités. Je vais donc installer le feeder.

On appelle feeder un câble de distribution de forte section – un câble de 0,75 suffit même si j’ai opté pour du 1,5 – qui traverse le module d’est en ouest. Il assure une homogénéité dans la puissance du courant qui le traverse, même s’il y a des pertes en fonction de la distance parcourue et de la section. Ce feeder est relié par un domino aux câbles qui viennent du boitier digital. C’est tout au long de ce feeder que seront connectés les fils précédemment préparés. Ce feeder, qui suit le tracé de la voie en faisant attention toutefois d’éviter les aiguillages (place d’éventuels moteurs sous table), est rangé dans les peignes de reliure.

Je démarre de l’est, c’est a dire de la gauche du module, là où la voie est au plus proche du spectateur (photo 67 ci-dessous). A cette extrémité, je prévois une barrette de dominos d’au moins 6 prises : il faut dès à présent penser à l’alimentation traction des coulisses ou extensions. En complément du plan, je note des informations au marqueur indélébile à proximité des câbles. Les plus exigeants peuvent même numéroter chaque câble à chaque extrémité. C’est un peu fastidieux et cela alourdit la facture en bagues numérotées.

Tous les fils qui sont connectés dans une même prise de domino sont soudés entre eux au préalable.

Je répète l’opération à chacune des jonctions jusqu’à l’extrémité ouest. 

Photo 66 : Les connections Est du module. Extrémité gauche. Source : letraindemanu

J’ai choisi les dominos pour les connections. Faciles à trouver et aisés à l’emploi. En plus c’est le meilleur rapport qualité/prix.

Désormais le circuit électrique « traction » est achevé et connecté proprement. A priori il est définitif. Je vais maintenant pouvoir dégourdir les bielles de ma petite 050.

Un dernier mot sur la connexion de la Mobile-Station. La prise multi pôles est un point sensible dont il faut absolument éviter l’arrachement accidentelle. Il sera fixé plus tard. En attendant, prudence.

Emmanuel

4 commentaires

  1. Bonjour,
    Merci pour tes explications ci-dessus.
    Je suis dans la phase de mise en place des bretelles sur le bus de traction pour toutes les rails petites ou grandes (1m) et les aiguilles pour une meilleure conductivité.
    En consultant le net je suis tombé sur ton site et plus particulièrement sur le tuto ci-dessus.
    Tu utilises des dominos pour relier les bretelles au feeder de traction, or je voudrais savoir si tu as coupé le feeder que lu fixes dans le domino, car il me semble que le dit feeder ne doit pas être interrompu mais simplement dénudé au niveau du domino dans lequel il serra serré avec la ou les bretelles.
    Le fait d’utiliser des dominos provoquent ils des perturbations dans le cheminement des infos vers la centrale ou l’inverse ?
    Merci de ta réponse sur ma boite mail car ta solution me convient pour éviter d’être sous le réseau a souder dans une position inconfortable.
    Bien cordialement a toi.
    Alain

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    1. Bonjour,

      Oui, mon feeder a été sectionné aux dominos, mais mon installation est modeste, il n’y a donc pas de pertes de courant. Pour un réseau plus grand, mieux vaut privilégier un simple dénudement et souder directement sur le feeder. L’avantage du fil coupé au domino est qu’il permet facilement d’insérer ultérieurement d’autres câbles sans avoir à refaire toute la soudure. Il n’y a pas de perturbations entre la centrale et la voie.

      Emmanuel

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  2. Bonjour..

    oui , moi , j’ ai soudé directement sur le feeder …

    tous mes rails sont alimenté au chaque extrémité pour l’ alimentation au picots , par un fil blanc,
    donc , tous les rails sont raccordés au feeder
    et la file de rails droite j’ ai soudé un fil rouge d’ alimentation courant qui va servir pour la détection.
    chaque rails , la soudure sur l’ éclisse et le fil raccorder au feeder..
    sur la file de gauche , un fil vert/ jaune pour le retour de masse..
    idem que pour l’ autre fil , raccorder à son feeder..

    de chaque coté du feeder j’ y ai mis des prises électrique de raccordement pour le module suivant..

    bonne continuation..

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    1. Effectivement, le feeder est indispensable pour assurer une bonne continuité électrique. Les raccords du feeder avec d’autres modules/extensions/coulisses peuvent se faire par des prises standards, des prises téléphoniques ou des dominos mâles/femelles. C’est cette dernière option qu j’ai choisie.

      Pour la couleur des cablâges, il faut établir une convention et s’y tenir pour tout le réseau.

      De manière standard, le rouge désigne le + ou la phase (rail central pour les Marklinistes), le brun pour le – ou le neutre (les deux rails de roulement pour les Marklinistes).

      Le violet pour la rétrosignalisation. Le orange pour les zones d’arrêt, le jaune pour les zones de ralentissement.

      le bleu est traditionnellement chez les Marklinistes le retour de masse pour les relais et moteurs d’aiguillages avec fiche verte pour le signal vert ou la voie non déviée, et la fiche rouge pour le signal rouge ou la voie déviée. Fiche jaune pour le signal d’avertissement ou de ralentissement.

      Sur les gros réseaux, il est conseillé de numéroter les câbles à chaque extrémité et de reporter ce numéro sur les plans.

      Un circuit électrique n’est jamais à l’abri d’une panne, en particulier une rupture de soudure ou de serrage. Le plan électrique est indispensable et doit être soigneux.

      Merci de ta visite et de tes observations.
      A bientôt,
      Emmanuel

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