Aspects historiques de la 050 TA 23


Épisode 17 – Petite pause dans les travaux pour nous intéresser de plus près à l’histoire de la 050 TA 23 acquise récemment.

Je le reconnais bien volontiers, l’achat de ma petite locomotive à vapeur 050 TA 23 SNCF (voir épisode 12) est à la fois un coup de cœur et surtout un gros coup de chance. Märklin produisant ses modèles en séries de courte durée, il faut savoir – et surtout pouvoir – saisir les opportunités lorsqu’elles se présentent.

Je cherchais donc une petite locomotive-tender de manœuvres qui corresponde au thème industriel de mon réseau. Mon choix initial s’était porté sur une 050 série 94 de la Deutsche Reischbahn (photo 54 ci-dessous), l’essentiel étant de pouvoir disposer de fonctions sonores et du fumigène pour cette première acquisition.  La chance aura été de pouvoir trouver au magasin « Au Pullman » un exemplaire de la 050 TA 23 SNCF qui en est directement dérivée.

Le modélisme, c’est reproduire, et même si toute latitude nous est permise dans notre démarche, il est toujours intéressant de connaître un peu les aspects historiques des matériels que nous ferons évoluer sur nos réseaux, histoire de conserver un minimum de cohérence dans nos circulations. Je vais donc me pencher succinctement sur l’histoire de cette machine. Les puristes sauront y apporter les précisions utiles.

Une locomotive aux origines prussiennes

Cette machine est une descendante de la série T16 construite à partir de 1906 pour les Chemins de fer du royaume de Prusse (KPEV). 343 exemplaires furent mis en service jusqu’en 1913. Lors d’une série unique produite en 2014, Märklin avait proposé une telle locomotive sous la référence 37166 (photo 55 ci-dessous).

Quelques modifications ont ensuite été apportées à la distribution notamment. 1236 exemplaires de la série T16.1 furent construits et regroupés sous la série 94.5 à le DRG. Cette série était un peu plus puissante et elle est devenue un engin moteur particulièrement destiné aux manœuvres de triage, aux dessertes d’embranchements, à la traction des trains de marchandises et trains mixtes marchandises-voyageurs sur les lignes secondaires.

A la fin de la Première Guerre mondiale, de nombreux exemplaires de ces machines furent attribués à des compagnies européennes, dont les compagnies françaises, au titre des prestations d’Armistice (dommages de guerre). C’est ainsi que cette locomotive est arrivée en France. À cette période, la SNCF n’existant pas encore (elle date de 1938), ce sont donc les compagnies régionales qui en héritèrent, en particulier le réseau ferroviaire d’Alsace-Lorraine, le réseau du Nord et la Compagnie PLM. 

Services de manœuvres en France

Sur la région Est, en 1925, il ne subsistaient que trois engins. Ils furent repris par la SNCF région Est sous les immatriculations 1-050 TA 114, 117 & 118. Ils fréquentèrent les dépôts de Metz, Thionville, Ausbergen et Mulhouse qui étaient proches des grands triages de cette région. Ces locomotives étaient de couleur noire avec des traverses porte-tampons rouge vermillon et leur immatriculation était peinte en blanc. On note de nombreuses modifications : absence de rehausse sur le tender, absence de cloche, modification du réservoir d’air comprimé,…

Dans la région Nord, ce sont 21 machines qui arrivèrent au titre de l’Armistice et furent immatriculées 5.505 à 5.535. Reprises par la SNCF en 1938, elles furent ré immatriculées 2-050 TB 5 à 25 et attribuées aux dépôts de La Plaine, Lens, Arras, Béthune, et Hirson pour des services de manœuvres aux triages et dessertes d’embranchements. Les locomotives Nord ont subi de nombreuses modifications : réservoirs d’air, portes de boite à fumée,  réservoirs à combustible, baies vitrées. Leur livrée était essentiellement noire avec des traverses rouges et des inscriptions en laiton puis peintes en blanc.

Dans la Région Sud-Est, la compagnie PLM s’est vue attribuer 19 machines au titre des prestations d’Armistice. Immatriculées 5813 à 5831 puis PLM 5-AT 13 a 31 en 1924. Elles furent ré immatriculées 5-050 TA 13 à 31 à la création de la SNCF en 1938 où elles furent réparties entre les dépôts de Villeneuve-Saint-Georges, Lyon-Vaise, Ambérieu et Miramas pour y assurer essentiellement des manœuvres de triage.

Outre des aspects techniques (absence de hotte et de rehausse de soute, absence de lanterneau de toiture, absence de cloche, modification des freins,…), les machines PLM se différenciaient avec leur livrée « manœuvre » vert olive à filets blancs, traverses rouges, toiture et châssis noir, roues vertes et inscriptions blanches ombrées.

Caractéristiques

  • Capacité des soutes à eau : 7 m3 (pour les T16), 8 m3 (pour les T16.1)
  • Capacité de la soute à charbon : 2 t (pour les T16), 3 t (pour les T16.1)
  • Masse en ordre de marche : 73,9 t (pour les T16.0), 76,2 t (pour les T16) et 80,5 t (pour les T16.1)
  • Longueur hors tout : 12,50 m
  • Vitesse maxi en service : 50 km/h

Une locomotive du PLM

On le voit donc, la 050 TA 23 reproduite par Märklin sous la référence 37167 est une machine de manœuvres d’origine allemande. Sa reproduction, qui semble comporter quelques inexactitudes que les puristes relèveront, n’altère en rien l’aspect général qui satisfera malgré tout la plupart des modélistes amateurs d’engins SNCF Märklin.  Son immatriculation à la SNCF situe donc la période entre 1938 et 1955, date à laquelle ces machines ont effectué leurs derniers tours de roues et surtout la région géographique qui devrait impacter mes futures constructions.

Et même si je n’ai pas encore définitivement arrêté la période reproduite sur mon réseau, en tout état de cause l’uchronie me permettra toutes les fantaisies pour concrétiser ma compagnie ferroviaire fictive.

Emmanuel

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