Tuto vidéo : patine wagon couvert Ho


Photo 3968 : Patine du wagon couvert Ho Jouef HJ6291. Crédit : letraindemanu.fr
  1. Un exercice accessible à tous
  2. Le matériel
    1. Dépose de la caisse
    2. Dépose de l’attelage arrière
    3. Matériel de peinture
  3. Dépose de la caisse
  4. Dépose de l’attelage arrière
  5. Peinture de la caisse
    1. Principes généraux de peinture
    2. Renforts de caisse
    3. Retouches de peinture
  6. Jus crasse
  7. Terres à décor
  8. Le tutoriel vidéo

Retour aux travaux de patine sur le matériel roulant. Cette séance, je travaille sur le wagon couvert avec feux de fin de convoi de chez Jouef acheté lors de l’exposition Dieppe 2025.

L’objectif est ici de casser cet aspect plastique brillant tout neuf et d’obtenir un wagon crasseux à cause des intempéries, sans tomber dans l’outrance. Un wagon usagé mais entretenu, pas abandonné.

Mais l’idée est surtout de montrer que la patine est un exercice accessible à tous, tant par les matériels et produits utilisés que les techniques employées. Le wagon couvert est un excellent terrain de jeu pour apprivoiser les méthodes. Bien sûr, pour vos premiers exercices, il vous faudra débuter sur de vieux wagons d’occasion issus de votre boîte à rebuts ou achetés pour quelques sous en bourses.

Dépose de la caisse

  • Des cure-dents,
  • un banc de maintenance en mousse (type ESU)
    (à défaut des mousses de calage),
  • Bloc de polystyrène ou équivalent, de taille à peine inférieure aux dimensions internes de la caisse,
  • Cutter grande lame pour découper le bloc de polystyrène.

Dépose de l’attelage arrière

  • Outils type Dremel avec disque de découpe fin ou pince coupante de petite taille,
  • Petites pinces

Matériel de peinture

  • Pinceau pointe fine 5/0 (peinture des détails)
  • Pinceau plat moyen 4 (peinture des surfaces)
  • Jus crasse acrylique
  • Peinture acrylique ombre brûlée (préférable au noir)
  • Alcool médicinal (alcool a 70°)
  • Petits pots de traiteur asiatique avec couvercle hermétique (type sauce soja)
  • Vernis mat ou satiné en bombe
  • Coton-tige,
  • Papier absorbant type papier ménage
  • Loupe de bureau
  • Un bon éclairage en blanc froid

Le banc de maintenance est un investissement indispensable. Les cure-dents aussi. Pensez à bien vous laver les mains pour ne pas déposer d’empreintes digitales grasses sur le wagon. Vous risqueriez de laisser des traces affreusement visibles sur les photos ultérieures. Et on s’en aperçoit souvent trop tard.

L’opération de dépose est un peu délicate puisqu’il faut séparer la caisse du châssis. Retenez-là bien, puisque ce sera la même lors des changements de la pile 2035.

Le wagon est posé à l’envers sur le banc de travail. On insère ensuite des cure-dents entre caisse et châssis puis on fait levier. Ce n’est pas plus compliqué que cela. Attention aux marchepieds qui, malgré tout, sont plus élastiques qu’ils n’y paraissent.

Photo 3969 : Patine du wagon couvert Ho Jouef HJ6291. Dépose de la caisse du châssis. Crédit : letraindemanu.fr

On insère ensuite la cale de manipulation en polystyrène dans la caisse. Elle va ainsi servir à manipuler et poser la caisse sans avoir à y toucher lors des opérations de peinture qui vont s’étaler sur plusieurs jours. La caisse doit être bien maintenue pour qu’elle ne puisse plus bouger lors des nombreux mouvements.

Photo 3970 : Patine du wagon couvert Ho Jouef HJ6291. Insertion de la cale de manipulation. Crédit : letraindemanu.fr

Cette opération est facultative. Elle a pour objectif de supprimer le boîtier NEM côté feux arrière pour une raison purement esthétique. Cette ablation est définitive et non réversible.

Pour ce faire, je coupe le montant vertical qui relie l’arrière du boîtier au système d’élongation. Je travaille avec un disque fin de découpe monté sur la Dremel. Une pince coupante fine est également possible.

On termine par le retrait du dispositif d’élongation avec une pince.

Photo 3971 : Patine du wagon couvert Ho Jouef HJ6291. Ablation de l’attelage arrière. Crédit : letraindemanu.fr

Un attelage à vis sera mis en place ultérieurement.

Principes généraux de peinture

  • On travaille cette patine uniquement aux pinceaux. Donc pas besoin d’aérographe, outil onéreux, qui nécessite un long apprentissage et un environnement dédié (vapeurs de peinture, bruit du compresseur,..). Pas très pratique en appartement HLM mal isolé phoniquement.
  • On travaille avec des peintures acryliques à l’eau type Amsterdam ou Pébéo que l’on trouve facilement dans les rayons loisirs créatifs.
  • On dilue à l’alcool à 70° : l’alcool s’évapore plus vite. Donc on diminue les temps de séchage.
  • On prend son temps. Ce n’est pas compliqué mais cela nécessite du soin. Une loupe de bureau est conseillée. Un éclairage de qualité est indispensable.
  • Attention : ces peintures acryliques foncent au séchage ! Il faut donc travailler avec des peintures très diluées, et appliquer éventuellement plusieurs couches, en attendant un bon séchage de la couche précédente pour bien évaluer le rendu. Il faut donc parfois plusieurs jours pour travailler un wagon.

Renforts de caisse

A cette étape, l’idée est de mettre en valeur les creux et reliefs. On peut s’inspirer des photos 1518 et 767 ci-dessous pour trouver ses marques.

Photo 1518 : un wagon couvert type Gs 210 immatriculé à la DB. Source : rail-pictures.com
Photo 767 : Wagon couvert type G210 de la DB. Source : Extrait du site Dybas.de

Ici on utilise le pinceau fin 5/0. Il s’abime vite. Prenez en soin, car il va souvent servir dans vos travaux futurs. N’hésitez pas à en avoir toujours un d’avance.

Sur la palette (ou feuille d’aluminium ou pot), on dépose une noisette de peinture ombre brûlée. Je préfère cette teinte au noir de mars, qui donne un aspect plus boueux. On travaille avec une solution d’ombre brûlée diluée à l’alcool à 70°. L’idée est ici de travailler avec de très petites quantités à chaque fois pour ne pas empâter les détails. On travaille du haut vers le bas.

On peint :

  • Les creux : à droite est à gauche de tous les renforts verticaux et horizontaux, ainsi que sous les rebords de toiture. Si on dérape, on essuie immédiatement au coton tige ou au papier ménage.
  • A peine plus dilué : les surfaces de ces renforts sur les parois latérales pour faire ressortir les rivets,
  • Les mécanismes des volets latéraux et des portes,
  • Les grilles des ouvertures latérales,
  • les grilles porte étiquettes,

On n’oublie pas les faces avant et arrière du « ouagon » comme diraient nos amis belges.

On laisse sécher.

Photo 3972 : Patine du wagon couvert Ho Jouef HJ6291. Peinture de la caisse. Crédit : letraindemanu.fr

Retouches de peinture

A cette étape, nous allons faire des retouches de peinture sur certains panneaux. Ces retouches sont consécutives aux travaux de carrosserie en atelier en cours de vie. Les ateliers n’avaient pas toujours sous la main les teintes exactes après réparations. Les couleurs de ces retouches sont donc très variées : brun foncé, marron plus clair, brun rougeâtre, parfois même une teinte très différente de l’origine.

On fait donc des mélanges en se basant sur les innombrables photos couleur que l’on trouve aisément sur le net. Les photos 1518 et 767 précédentes sont des exemples parmi d’autres.

A cette étape, vous pouvez vraiment vous faire plaisir pour rendre votre wagon unique.

On profite de ce temps de séchage pour peindre les flasques de roues au Light Rust Wash 1004 de Ammo Mig.

Lorsque toutes vos retouches sont réalisées et bien sèches, nous passons ensuite une première couche de jus crasse.

Mais qu’est-ce que le jus crasse ? me direz-vous. Eh bien le jus crasse est cette solution dans laquelle vous nettoyez vos pinceaux et dans laquelle vous versez les reliquats de vos dilutions de peintures après chaque séance. On a donc généralement un pot de jus crasse par type de solvants. Personnellement, j’ai un jus crasse acrylique avec de l’alcool médicinal et un jus crasse à base de white spirit. Le flacon d’un jus crasse est idéalement un pot alimentaire en verre avec couvercle hermétique, pot que l’on oublie pas d’étiqueter puisqu’il va durer des années.

Attention, le jus crasse est très concentré. Il ne s’utilise donc jamais pur, mais toujours redilué avec son solvant d’origine. Ainsi, pour passer un voile de jus crasse, je le redilue, à l’aide d’une seringue, 1 ml de jus crasse + 3 ml d’alcool a 70° dans un petit pot.

Le jus crasse est appliqué avec un pinceau plat n°4. Sur le toit, du centre vers les bords. Sur les parois verticales, du haut vers le bas.

Ne soyez pas surpris : ce jus ne sera perceptible qu’une fois sec. Il nécessitera sans doute une seconde couche dans 24 heures.

En s’inspirant de wagons réels, on peut constater certaines parois encore plus délavées. On peut alors reproduire cette teinte en utilisant un blanc de titane très dilué pour obtenir un jus un peu laiteux.

Les terres à décor sont des pigments de peinture. Lorsque tout est bien sec, on continue les travaux avec des terres à décor. Ces terres sont en fait des pigments de peinture très fins. Dans la mesure où l’on n’utilise que de très faibles quantités, il est préférable d’acheter de petits pots mais avec de nombreuses couleurs. Artitec, par exemple, propose des pots de 5 grammes, largement suffisants. Côtés teintes, il vous faudra un assortiment d’ocres plus ou moins foncées, de rouilles plus ou moins anciennes, de blanc, du noir poussière,… Votre revendeur habituel saura vous orienter.

La terre à décor se travaille à sec avec des pinceaux à poils souples dédiés. On applique par toutes petites quantités. On y va vraiment tout doux.

Pour le toit, j’applique du noir poussière. Je suis en époque 3 et donc les trains de marchandises de mon réseau sont souvent tractés par des locomotives à vapeur.

Sur les volets, j’applique un brun très clair.

Sur le bas de caisse et le châssis, j’applique de l’ombre naturelle qui accentue l’effet poussière.

Sur les boisseaux de tampons, j’applique successivement différentes teintes de rouille, en débutant par de l’oxyde rouge clair et en finissant avec du brun rouille. Je fais de même sur les lames de suspension.

Enfin, j’applique une touche de peinture noire non diluée sur les plateaux de tampons et une touche de jus noir sur les deux volants, en particulier le cerclage, là où les agents posent des mains pas toujours propres.

Lorsque le travail vous convient, on applique un voile de vernis mat en bombe à une 20aine de centimètres.

Si ce voile de vernis atténue trop la patine aux terres à décor à cause de la pression, ce n’est pas grave. Il suffit juste de recommencer.

Il est temps de remonter ce wagon. J’ai changé l’attelage Jouef par un attelage court de Märklin. Quant à l’attelage à vis arrière, côté feux, j’espère trouver dans une prochaine expo un attelage d’origine artisanale qui serait plus joli que celui en plastique fourni par Jouef.

Il est temps de placer ce wagon en fin d’un convoi marchandises.

Emmanuel

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